Environnement | Val-de-Marne | 23/06
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Transition énergétique : le Val-de-Marne mise sur la sobriété et l’énergie solaire

Transition énergétique : le Val-de-Marne mise sur la sobriété et l’énergie solaire © Fb

La production d’énergie solaire photovoltaïque du conseil départemental du Val-de-Marne sera multipliée par 30 dès cette année, a annoncé ce mardi le président du département, Olivier Capitanio, à l’occasion de la présentation de la stratégie transition énergétique du département. Le schéma directeur de cette stratégie doit être voté ce lundi 27 juin autour de deux objectifs : réduire la consommation d’énergie et utiliser une énergie durable. Programme.

Le 6e rapport du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC) est sans appel, qui invite à une réduction “immédiate et radicale” des émissions dans tous les secteurs pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5°C. Tout le monde doit prendre sa part donc.

C’est dans ce contexte que le conseil départemental du Val-de-Marne votera lundi 27 juin son schéma directeur de la transition énergétique (SDTE) 2022-2027. “Nous nous sommes appuyés sur les travaux du GIEC, de l’Ademe, de RTE et de l’institut NegaWatt. La sobriété énergétique constitue une condition nécessaire à l’atteinte de la neutralité carbone conjuguée à une transition des énergies fossiles vers l’électricité”, résume Olivier Capitanio. Les objectifs sont chiffrés avec une réduction de la consommation d’énergie et d’émissions de CO2 d’un quart par rapport à 2012, d’ici à 2027.

De 4 piscines olympiques d’essence à une demi-piscine

“D’ici à 2050, nous voulons avoir divisé par 7 les émissions de gaz à effet de serre de notre patrimoine bâti, divisé par 2 les consommation d’énergie finale, réduit la facture énergétique et guidé notre stratégie patrimoniale”, poursuit le président du département. Concernant le patrimoine bâti, le département souhaite “passer de 4 piscines olympiques remplies d’essence (4 x 2 500 m3 = 10 000 m3) à la moitié d’une piscine olympique remplie d’essence (1 500 m3 = 0,6 piscine olympique)”, image le dossier de presse du nouveau programme.

“systématiser la sobriété énergétique”

Pour réduire la facture énergétique, le département entend d’abord “systématiser la sobriété énergétique”, ce qui passe par le remplacement de toutes les lumières par des led, un ajustement des températures en s’appuyant sur des outils numérique pour mieux piloter les chauffages et ventilations, un meilleur suivi des consommations de tous les équipements, notamment les collèges qui représentent 60% de la facture énergétique, mettre l’accent sur la rénovation énergétique de ces collèges en intégrant une ligne budgétaire dédiée de 93,5 millions d’euros dans le cadre du plan pluriannuel d’investissement des équipements scolaires.

Regroupement des services départementaux à l’Echat

Au-delà des collèges, le département entend aussi réorganiser ses services centraux actuellement dispersés dans le quartier de l’Echat dans un seul bâtiment, le nouvel immeuble Eiffel actuellement en construction aux dernières normes environnementales. “Le projet Cap Echat représente un investissement de 75 millions d’euros. La mutualisation des moyens, la réduction des déplacements professionnels et, surtout, la sortie des baux de location des sites administratifs du quartier Europarc devraient générer des économies de fonctionnement de plus de 6,4 millions euros par an”, prévoit le département.

Cap sur l’énergie solaire

L’autre grand axe de travail est le recours à des énergies renouvelables, non carbonées. En la matière, le Val-de-Marne est déjà champion de la géothermie et le département compte bien capitaliser sur cet atout en reliant ses équipements au réseau autant que faire se peut. Au-delà, la collectivité s’est fixée un nouveau défi, celui contribuer significativement à la production d’énergie solaire, en équipant un maximum de surfaces disponibles. Pour l’heure, seules deux expérimentations ont été menées dans les collèges Lucie Aubrac de Champigny-sur-Marne et Liberté à Chevilly-Larue. “Nos 230 équipements existants ont été étudiés. Il ressort des mesures que 120 équipements réunissent un potentiel de 16 Mégawatt-crête (MWc) soit 8,4% de la puissance photovoltaïque installée en Île-de-France au 31 décembre 2021. C’est considérable”, chiffre Laurence Coulon, vice-présidente du département en charge du patrimoine.

Multiplication par 30 de l’énergie solaire

D’ici à la fin de l’année 2022, cinq collèges seront ainsi équipés : Samuel Paty à Valenton, Camille Pissaro à Saint-Maur-des-Fossés, Nelson Mandela à Champigny-sur-Marne, Robert Desnos à Orly et Josette et Maurice Audin à Vitry-sur-Seine. Egalement concernés : e nouveau bâtiment Eiffel à Créteil et le centre des services techniques de Valenton. La production passera alors de 34 killoWatt-crête à 1042 kWc, soit une production multipliée par 30.

Installation de panneaux solaires photovoltaïques prévue au collège Samuel-Paty de Valenton – Crédit : Département du Val-de-Marne

Le déploiement se poursuivre ensuite au rythme d’une dizaine par an. “A partir du budget 2023, nous inscrirons une ligne spécifique d’autorisation de programme dans le cadre du plan pluriannuel d’investissement”, annonce Olivier Capitanio. Une première enveloppe de 2,5 millions d’euros sera proposée au budget supplémentaire 2022 pour financer les premiers panneaux.

Développer des zones d’autoconsommation électrique

Que faire de cette énergie . La revendre ou la consommer sur place ? Le département a choisi la seconde solution, jugée plus rentable. Certains établissements scolaires, n’accueillant pas de public durant les périodes de vacances, la production d’énergie profitera dans ce cas à d’autres équipements du département installés dans un rayon d’environ un kilomètre (crèches, protection maternelle et infantile, espaces départementaux des solidarités, foyers, bâtiments administratifs, culturels, ou logements éventuels). “Il y a un accord de passé avec l’opérateur pour que l’énergie produite par les panneaux des collèges, lors des périodes de vacances, puisse être récupérée ailleurs et utilisée pour les besoins de nos équipements. Malgré le paiement d’une redevance, cette option est plus intéressante que la revente”, explique Sabine Patoux, présidente déléguée à la Transition énergétique.

Quid des achats de panneaux, de leur gestion, de la maintenance ? Pour le moment le conseil départemental acquiert du matériel au coup par coup. A terme, se posera la question de l’adhésion à un syndicat pour exploiter la ressource et passer éventuellement par des groupements de commande.

Illustration des zones d’auto-consommation sur les 7 premières installations de panneaux
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