| Paris | 30/06/2023
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Le point sur les émeutes du 29-30 juin à Paris, par arrondissement

Le point sur les émeutes du 29-30 juin à Paris, par arrondissement © Twitter E Grégoire

Comme dans le reste de l’Île-de-France, les violences suite à la mort du jeune Nahel, abattu par un policier lors d’un contrôle routier, se sont intensifiées dans Paris dans la nuit de jeudi à vendredi. Le gros des dégâts se concentre dans les arrondissements périphériques de l’Est et du Sud, ainsi qu’au centre de la capitale.

Les 5000 policiers et gendarmes mobilisés en Île-de-France hier n’auront pas suffi à contenir une nouvelle nuit de violences et de feux dans la capitale. Dans la nuit, la préfecture de police a fait état de 61 interpellations, uniquement dans la capitale. À 13H, le bilan d’élevait à 408 arrestations dans Paris et la petite couronne.

Pillages dans le centre

Les débordements ont d’abord commencé en fin d’après-midi à Nanterre, à l’issue de la marche blanche organisée par la famille de Nahel. La mort de cet adolescent de 17 ans, tué par un policier lors d’un contrôle routier, embrase de nombreux quartiers depuis maintenant trois jours. .

À la tombée de la nuit, les dégradations se sont ensuite propagées à la capitale. Dans le centre de Paris, aux alentours du quartier du Châtelet et de la rue de Rivoli (Iᵉʳ arrondissement), plusieurs boutiques ont été pillées, dont le magasin Zara de la Samaritaine et la boutique Nike. Dans les nombreuses vidéos circulant sur les réseaux sociaux, les émeutiers paraissent visiblement jeunes. À proximité des lieux, 16
personnes ont été interpellées avec des sacs, des chaussures et des vêtements dérobés. D’autres interpellations ont également été effectuées vers la Gare du Nord (Xᵉ arrondissement). Ce matin, la police scientifique avait été déployée aux abords de la boutique Nike.

Tirs de feu d’artifice et barricades

Dans le reste des arrondissements parisiens, ce sont surtout les arrondissements périphériques qui ont été au centre des affrontements entre jeunes et forces de l’ordre.

Dans le XVIIIe arrondissement, le commissariat de la Goutte-d’Or a notamment été la cible de tirs de feu d’artifice. Des barricades en feu ont été disposées à proximité. Des affrontements avec les forces de l’ordre ont également eu lieu aux abords de la Porte de la Chapelle.

Affrontements à proximité du commissariat de la Goutte-d’Or.

Accompagnée d’Éric Lejoindre, maire du XVIIIe arrondissement, Anne Hidalgo s’est rendue dans le quartier de la Goutte-d’Or pour témoigner de son “soutien et […] assurer la mobilisation totale des services” aux habitants et commerçants. Plus tôt ce matin, la maire de Paris avait convoqué une “cellule de crise”.

Des événements similaires ont été recensés dans plusieurs endroits du XIXe et du XXe arrondissement. Comme par exemple dans les quartiers des Orgues de Flandres et Curial-Cambrai (XIXe arrondissement), deux des plus grandes cités de Paris. François Dagnaud, maire du XIXe arrondissement, a dénoncé sur Twitter ces “exactions triviales [qui] abîment l’hommage à Nahel, et l’exigence de justice qui lui est dûe.”

Scènes d’émeute à proximité du quartier des Orgues de Flandres.

Après avoir accompagné Anne Hidalgo dans le XVIIIe arrondissement, le premier adjoint Emmanuel Grégoire s’est quant à lui rendu dans le quartier de la Place des Fêtes (XIXe arrondissement). Dans le XXe arrondissement, on recense notamment des heurts les quartiers de la Banane et des Amandiers.

Les 12e, 14, 15e et 17e également touchés

Les violences ont également atteint des quartiers réputés plus tranquilles. Dans le 12ème arrondissement, plusieurs dizaines d’individus s’en sont pris au commissariat, situé à l’angle de la rue de Rambouillet et de l’avenue Daumesnil.

À cheval entre les XIVe et XVe arrondissements, le secteur de la porte de Vanves semble avoir été été le secteur le plus atteint sur ces deux arrondissements. Avec là encore, des dégradations et des tirs de feux d’artifice. Carine Petit, maire du XIVe arrondissement, a exprimé dans un communiqué sa condamnation des violences. “L’émotion que nous ressentons collectivement est légitime, elle doit s’exprimer dans la dignité. La violence ne conduit nulle part, nous avons tous un rôle à jouer pour appeler au calme et à la raison.”

Philippe Goujon, maire du XVe arrondissement, appelle quant à lui à un couvre-feu dans les pages du Parisien. Une telle mesure est déjà entrée en application dans plusieurs villes de la petite couronne, comme Clamart ou Neuilly-sur-Marne.

Dans le XVIIe arrondissement, le maire Geoffroy Boulard a notamment dénoncé une attaque commise sur une équipe de pompiers en intervention, aux alentours de la porte de Clichy.

Alors que les dégradations se sont intensifiées, les autorités s’attendent à de nouveaux heurts à l’approche du week-end. Dans un email envoyé aux chefs d’établissement, le rectorat de Paris a d’ores et déjà appelé à l’annulation de “tous les événements festifs prévus dans les écoles et les établissements prévus ce vendredi 30 juin”, pour “éviter les risques”.

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