Publicité
Publicité : Val-de-Fontenay - RÉVEILLE LE FOOTBALLEUR QUI SOMMEILLE EN TOI
Entreprendre | | 20/02
Réagir Par

Louer au lieu de vendre : comment la startup Viluso a changé de modèle

Louer au lieu de vendre : comment la startup Viluso a changé de modèle © ThinStock

Au sortir du premier confinement, en 2020, c’est en vendant des scooters électriques sur les sites internet de la Fnac et de Darty que Viluso a débarqué sur le marché de la mobilité. Depuis, cette entreprise de Saint-Mandé a entièrement repensé son modèle pour s’ancrer dans l’économie de la fonctionnalité. Explications avec sa fondatrice, Manon Lavergne.

C’est parce qu’elle voulait convertir à l’électrique le vélo donné par sa grand-mère que Manon Lavergne a plongé dans l’entrepreneuriat ! Après un rapide calcul, en effet, elle réalise que le retrofit lui reviendra trop cher. “Mais je ne me voyais pas rouler en scooter thermique !” témoigne celle qui était à l’époque responsable marketing et communication d’une startup de la finance. Qu’à cela ne tienne. En s’intéressant au sujet, Manon Lavergne décide de fabriquer son propre modèle de scooter électrique, et de le vendre. “Ce qui m’a décidé est que cela alliait entrepreneuriat et écologie”, confie-t-elle. Ainsi naît la marque Viluso en 2019. Première étape : dessin et prototypage avec un bureau d’études puis fabrication externalisée. Le financement ? Sur fonds propres. La commercialisation, elle, suit rapidement, grâce à une bonne communication. “J’écris régulièrement pour le Journal du Net et cela m’a permis d’être approchée par la Fnac et Darty qui ont proposé le scooter sur leur market place.” Le succès est immédiat. “Avec le boom du déconfinement, j’ai vendu 100 scooters en deux mois”, se souvient-elle. Entre les bonus de l’Etat et de certaines villes comme Paris, des scooters vendus 2 200 euros revenaient, de fait, à 1 000 euros pour les acheteurs.

Cet article s’inscrit dans le cadre d’une série consacrée à l’économie circulaire dans le Val-de-Marne, réalisée avec le soutien de la Chambre de commerce et d’industrie du Val-de-Marne et de l’Agence de la transition écologique (Ademe).
La CCI 94 développe actuellement un accélérateur d’économie circulaire à l’attention des acteurs économiques du département. Pour plus d’informations, contacter Patricia Fourré, responsable partenariats et projets circulaire (pfoure(a)cci-paris-idf.fr)

De quoi rembourser la mise et financer un changement radical de modèle économique, beaucoup plus circulaire. Une révolution qui intervient au printemps 2022, d’abord pour se différencier d’une concurrence accrue. Plutôt que de vendre en faisant la course au volume, au prix bas et à la consommation de matériaux, Viluso change de braquet et s’oriente vers la location. Un mode de consommation qui assure une optimisation de l’usage du véhicule.

La cheffe d’entreprise, âgée de tout juste 30 ans, arrête au passage de fabriquer ses propres modèles et en profite pour se diversifier. Elle propose désormais vélos et scooters électriques, en s’appuyant sur des partenaires allemands, Vermont pour les vélos, et Govecs pour les scooters. Viluso s’attache en revanche à assurer la maintenance et la réparation avec un partenaire local, Repare and run, à Paris. “Nous remettons en état au maximum et travaillons avec l’association Zéro Waste France pour le recyclage des batteries”, explique Manon Lavergne.

Un créneau spécifique, ni free floating, ni location longue durée

Alors que le marché de la location longue durée est déjà très concurrentiel, de même que les offres de free floating, l’entreprise se construit une niche bien à elle, en faisant du BtoBtoC. Concrètement, il s’agit de trouver des partenaires qui mettent une flotte à la disposition de leurs clients. “Nous avons signé avec la Maison Albar qui compte une quarantaine d’hôtels à Paris. Contrairement aux offres de free floating, les vélos ou scooters restent au même endroit, devant l’hôtel, et peuvent être empruntés 4 heures, 8 heures, ou 48 heures. Ils doivent ensuite être ramenés devant l’hôtel. Nous ciblons la clientèle business qui vient à Paris pour deux jours avec peu de bagages, et qui a besoin de se déplacer rapidement.” La jeune pousse, basée à Saint-Mandé, a également conclu avec la SNCF pour s’installer devant les parvis d’une quinzaine de gare dans une dizaine de villes. L’offre sera déployée à partir du mois d’avril pour les hôtels Maison Albar, et cet automne devant les gares.

En parallèle, la société de location, qui revendique six salariés, a développé son application mobile, cette fois intégralement en interne, pour gérer toute la partie commerciale et logistique. Pour atteindre l’équilibre financier, l’objectif est de louer en moyenne 300 jours sur 365 avec une moyenne de 15 euros par jour par vélo et 25 euros par scooter. Les parcs comprendront en moyenne une dizaine de deux-roues. Un modèle économique et écologique puisqu’il suppose une utilisation assez intensive des véhicules.

Manon Lavergne, présidente de l’entreprise Prats Rougies, qui exploite la marque Viluso

De la vente du bien à celle de son usage : vers une économie de la fonctionnalité

Plus qu’un loueur de véhicules, Viluso entend se positionner comme “un agrégateur de services de mobilité, un MaaS (ndlr, Mobility as a service)”, explique Manon Lavergne. Un créneau qui implique de faire évoluer son offre en fonction de chaque contexte. “Nous discutons aussi avec des hubs de la mobilité comme des aéroports ou stations de recharge et prévoyons pour cela de proposer des voitures électriques”, car la distance depuis un aéroport serait trop longue à parcourir à vélo ou scooter, même électrique, surtout avec des bagages.

Notre série :
Val-de-Marne circulaire # 1 : un enjeu environnemental et économique stratégique
Val-de-Marne circulaire # 2 : Réparer, réemployer, recycler, surcycler… petit tour de l’économie circulaire en Val-de-Marne
Val-de-Marne circulaire #3 : Louer au lieu de vendre : comment la startup Viluso a changé de modèle
Val-de-Marne circulaire #4 : Ambiance Lumière à Alfortville : une PMI à rebours de l’obsolescence programmée
Val-de-Marne circulaire #5 : le vrac n’est pas mort
Val-de-Marne circulaire # 6 : comment Maximum réussit l’upcycling en série à Ivry-sur-Seine

À propos de l’accélérateur d’économie circulaire en Val-de-Marne, lire aussi :
Recyclage, upcycling, écoconception… le pôle économie circulaire du Val-de-Marne prend forme
La CCI du Val-de-Marne lance un accélérateur d’économie circulaire

Abonnez-vous pour pouvoir télécharger l'article au format PDF. Déjà abonné ? Cliquez ici.
Un commentaire pour Louer au lieu de vendre : comment la startup Viluso a changé de modèle

N'envoyez que des photos que vous avez prises vous-même, ou libres de tout droit. Les photos sont publiées sous votre responsabilité.

Ajouter une photo
Ajouter une photo

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.