Grands projets | | 19/06/2023
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Projet Villeneuve-Triage au sud Val-de-Marne : il manque 100 millions d’euros

Projet Villeneuve-Triage au sud Val-de-Marne : il manque 100 millions d’euros

À Villeneuve-Saint-Georges, 20 hectares de friches ferroviaires attendent d’être transformés en plateforme de logistique urbaine. Lancé il y a cinq ans, le projet Villeneuve-Triage est dans les starting-blocks, mais attend ses financements. Un enjeu de développement économique stratégique dans ce secteur le plus pauvre du département.

Il y a cinq ans, l’État, les collectivités territoriales, les grands aménageurs et la SNCF signaient le contrat d’intérêt national (CIN) du Triage. Ils s’engageaient à créer sur ces friches ferroviaires une plateforme de logistique urbaine.

Lire : Villeneuve-Saint-Georges : le réveil du triage sur de bons rails

Depuis cette signature, la programmation s’est précisée et l’intercommunalité Grand-Orly Seine Bièvre a profité de l’assemblée générale de la CCI du Val-de-Marne début juin, pour présenter les trois pôles prévus sur ce vaste site.

Au nord de la station de RER, face au quartier d’habitations actuelles, une emprise de six hectares accueillera un pôle économique de proximité avec un village d’artisans. Il y aura également des locaux pour les petites et moyennes entreprises, ainsi que pour la petite industrie.

Au sud, est programmée une plate-forme de logistique urbaine trimodale alliant transport fluvial, fret ferroviaire et fret routier, sur une pointe de neuf hectares. Cet espace est occupé aujourd’hui par de vastes halles, dont celle qui abrite la réserve historique du patrimoine roulant de la RATP.

Trois secteurs de développement économique

À l’est, huit hectares aujourd’hui occupés par des activités de maintenance de la SNCF et quelques sociétés industrielles, constituera une réserve foncière dédiée aux industries émergentes et permettra aussi de relocaliser des activités de la SNCF.

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Il manque 100 millions d’euros

Si tout le monde s’accorde sur ce beau projet, il reste un problème de taille : le financement de plusieurs infrastructures clefs de sa réussite. Dès l’origine, en effet, le contrat prévoyait la construction d’une nouvelle route pour desservir le site. Car la seule RD 138, le long de la Seine, supporte déjà quelque 10 000 véhicules quotidiens, dont 700 poids lourds. “Mais à ce jour, les financements ne sont pas réunis. Le coût de la voie de desserte est estimé à 55 millions d’euros, mais cela doit être approfondi“, estime Nathalie Woock, cheffe de mission enjeux logistiques au Grand-Orly Seine Bièvre (GOSB). La principale hypothèse de travail porte sur la construction reliant le site à la RN6, à hauteur du magasin Conforama, jusqu’à rejoindre la RN406 à Bonneuil-sur-Marne via Valenton. Un projet qui pourrait être discuté dans le cadre du volet transport du contrat de plan Etat Région (CPER), financé par la région et l’Etat. Mais la liste des projets de transports à financer en Ile-de-France est déjà longue…

Autre investissement préalable : au moins 50 millions d’euros pour déplacer le centre de maintenance du matériel de la SNCF. Sur ce dossier, la balle est dans le camp de la SNCF.

De fortes contraintes, deux préalables incontournables
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Sans activité économique, nos villes vont mourir

En bref, il manque donc 100 millions d’euros. “Ce grand projet ne peut pas voir le jour sans la desserte. Le dossier est suffisamment complexe, il ne faut pas perdre davantage de temps. 2030-2040 paraissent loin et pourtant nous y serons vite“, prévient le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Val-de-Marne, Gérard Delmas. “Nous avons avec ces vastes réserves la possibilité de réindustrialiser notre territoire. Sans activité économique, nos villes vont mourir. Il faut donc garantir les conditions d’accès à ce site en affirmant collectivement notre volonté de le désenclaver“, insiste Fatah Aggoune, vice-président du territoire, en charge du développement économique. “Malgré des sollicitations de la SNCF ou du ministère des Transports, nous constatons que rien ne bouge depuis les trois ans que nous sommes en responsabilité. La mairie en fait son cheval de bataille. Ce sont 120 hectares en centre-ville qui peuvent changer beaucoup de choses pour la ville”, commente-t-on également au cabinet du maire de Villeneuve-Saint-Georges, l’une des communes les plus pauvres du département.

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