Politique | Val-de-Marne | 10/07
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Priorités des nouveaux députés du Val-de-Marne  #1 : Vincent Jeanbrun veut “réparer les quartiers”

Priorités des nouveaux députés du Val-de-Marne  #1 : Vincent Jeanbrun veut “réparer les quartiers”

Des onze députés élus dans le Val-de-Marne lors de ces législatives anticipées, Vincent Jeanbrun, actuel maire LR de L’Haÿ-les-Roses, est le seul à n’avoir jamais exercé ce mandat auparavant. Coup de fil au nouveau parlementaire quant à ses priorités et son passage de témoin en ville.

Suite aux élections législatives anticipées, s’ouvre la XVIIe législature de la Ve République ce 18 juillet à l’Assemblée nationale. 94 Citoyens fait le point sur les priorités des députés élus ou réélus dans le Val-de-Marne. Première étape dans la 7e circonscription (L’Haÿ, Chevilly, Rungis, Fresnes, Thiais).

Ces dimanches 30 juin et 7 juillet, 9 des 11 députés sortants ont été réélus dans le Val-de-Marne. Seuls deux changements se sont opérés. Sylvain Berrios, maire LR de Saint-Maur, a repris sa circonscription à la coalition présidentielle. Ce dernier avait déjà été élu député de 2012 à 2017, date à laquelle il avait préféré rester maire plutôt que de se représenter. Seul novice au Parlement, Vincent Jeanbrun.

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Élu maire de L’Haÿ-les-Roses en 2014, quelques semaines avant ses 30 ans, l’édile s’est présenté deux fois aux législatives ensuite, battu par le député sortant Jean-Jacques Bridey (passé du PS à En Marche) en 2017 en pleine vague des marcheurs, puis éliminé au premier tour en 2022, derrière l’ancienne ministre Roxana Maracineanu et la candidate insoumise Rachel Keke. C’est contre cette dernière, députée sortante, emblème de la lutte syndicale des femmes de chambre, qu’il a remporté l’élection ce 7 juillet. Cette fois, aucun candidat de la coalition présidentielle ne s’était mis sur le chemin au premier tour, dans le cadre d’un pacte départemental de non-agression. Ce lundi 8 juillet, le nouveau député, qui vient de fêter ses 40 ans, a découvert son fauteuil dans l’hémicycle. Une date qui correspond aussi à un anniversaire moins festif, celui des émeutes de l’été 2023 lors desquelles son domicile avait été attaqué à la voiture bélier. L’élu, qui fut conseiller départemental quelques mois en 2015, avant d’être élu conseiller régional, devra abandonner ce mandat s’il veut rester dans son conseil municipal. Quelles sont ses priorités et comment compte-t-il organiser la transition en ville, coup de fil.

94 Citoyens : Quelles sont les priorités que vous souhaitez porter au sein de cette assemblée ?

J’avais déjà prévu de publier une liste de propositions pour réparer les quartiers et rétablir la République, à l’occasion de l’anniversaire des émeutes. Il s’agit de trouver des solutions pour ces quartiers prioritaires qui ne sont en réalité la priorité de personne. En tant qu’ancien enfant des barres HLM et des écoles en Rep (Réseau d’éducation prioritaire), je me sens légitime.

Si l’on est capable de réparer la République là où elle est le plus abimée, cela fera tache d’huile. Plus on apportera des solutions là où c’est le pire, pour l’école, la sécurité, la justice, le logement… plus cela sera facile ailleurs.

Ces propositions ont-elles vocation à constituer une proposition de loi ?

Pas forcément. L’objectif est de mettre ces questions en débat d’une manière ou d’une autre. La question des quartiers est un sujet très transversal, cela concerne aussi bien l’éducation que la sécurité ou encore l’alimentation. Je continuerai à travailler cet été et vais encore enrichir ces propositions en ayant accès à plus de collègues.

J’ai entendu qu’on avait déjà mis beaucoup d’argent sur ces sujets-là, mais ce n’est pas qu’une question d’argent, c’est d’abord un choix de société. On peut changer les choses sans que cela coûte plus cher, par exemple, en donnant plus de pouvoir à la police municipale pour qu’elle soit plus productive. Aujourd’hui, un policier municipal ne peut même pas accéder au fichier des voitures volées, contrairement à un épaviste. Il faut aussi qu’un bailleur social puisse faire signer des baux en 3-6-9. Les coûts de rénovation et reconstruction pourraient pour leur part être financés par des opérations de vente, afin de favoriser le parcours résidentiel et d’éviter la constitution de ghettos. Les logements sociaux pourraient être vendus en accession à la propriété au bout d’une trentaine d’années, par exemple.

Dans quelle commission souhaitez-vous siéger ?

Je suis très ouvert. Je trouverai mon bonheur dans chacune d’entre elles.

Quelles sont vos priorités pour votre circonscription (L’Haÿ, Rungis, Chevilly, Fresnes, Thiais) ?

Sur la méthode, je serai au service des habitants des cinq villes. J’installerai une permanence et serai le plus accessible possible. Notre circonscription est particulière et compte notamment une prison, à Fresnes. J’y serai attentif et serai aux côtés des gardiens. Nous avons aussi le Min de Rungis, merveille connue dans le monde entier. Parmi les points noirs, nous avons une problématique environnementale qui n’est pas anodine, entre les 14 voie de l’autoroute A6 et les 8 voies par l’A86 qui coupent la circonscription en croix. Cela génère des nuisances sonores et de la pollution. Je m’assurerai de l’implication de l’État sur ces enjeux de santé publique. Ce qui pose problème, c’est notamment la régulation de la vitesse, avec un passage de 110 à 70km/h. Plus on freine, plus on projette des particules. Je souhaite aussi mobiliser l’État pour l’enfouissement des lignes à haute tension, et sur les risques d’inondation, notamment à Fresnes.

Comment allez-vous organiser votre succession à L’Haÿ-les-Roses ? Comptez-vous garder la main sur la politique municipale ?

Les habitants ont choisi une équipe qui fait le maximum depuis dix ans. C’est cette équipe qui continuera à gérer la ville jusqu’en 2026. Je suis un enfant de cette ville, et continuerai à me battre pour elle, mais, tant que parlementaire, et pour les cinq villes de la circonscription. Les règles démocratiques sont claires. L’Haÿ est une démocratie, pas une principauté. Je réunirai la majorité en fin de semaine, en visio. J’ai une idée de qui je soutiens, mais je souhaite prendre le temps d’échanger, prendre le temps de la démocratie interne pour que chacun s’exprime. 

La date du prochain conseil municipal n’a pas encore été calée. Le délai maximal pour organiser l’élection du nouveau maire est de 30 jours, sauf s’il y a recours contre l’élection.

Avec le faible écart de voix entre vous et la députée sortante (545 voix), il est effectivement possible qu’il y ait un recours.

J’ai fait une campagne propre en expliquant ce qu’on allait défendre, et pas en cassant l’autre. Mais la campagne a été tendue, avec beaucoup de boules puantes. Il y a aussi eu des dégradations de panneaux. J’annonce du reste que nous allons porter plainte pour dégradation de panneaux électoraux. Nous en avons la preuve matérielle.

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