Nommé aux Victoires de la musique, le groupe de rap L2B enchaîne les collaborations, jouant avec Naza, Niska ou Gims, et sera à l’Accor Arena fin mars. D’ici là, le trio de Champigny-sur-Marne, grandi au Bois l’Abbé, montera sur la scène des Victoires de musique le 13 février.
Âgés d’une vingtaine d’années, KLN (Kilian), IDS (Idrys) et D2 (Dave) entendent représenter le 94, en particulier le Bois-l’Abbé. Surnommé BLB, le quartier campinois qui a inspiré le nom du groupe. “Ça reste surprenant d’être nommé dans ce genre de grands événements”, même si c’est “logique quand tu travailles”, confie KLN, voyant le signe que “le rap est beaucoup plus respecté qu’avant”.
Cette nomination reflète aussi l’ascension de trois amis d’enfance, aux racines congolaises ou ivoiriennes, qui ne se sont jamais quittés. “On a fait la primaire, le collège, le lycée. On a grandi ensemble”, rembobine IDS.
Première percée à 13 ans
À 13 ans, ils percent avec “Guette le flow”. Huit ans plus tard, ils explosent avec “Nés pour briller”, un album en trois “books” (volets) qui brasse différentes facettes du rap et de l’afropop.
“Tout pour l’équipe”, “Pélican”, “Billionaire”: sur des rythmes accrocheurs, leur musique dépeint un environnement violent, imprégné par le trafic de stupéfiants, mais aussi une furieuse envie de réussite sociale.
Pour graver son nom dans la roche, L2B ne s’interdit rien: ni les incartades en solo, ni les duos avec Gims, Niska, La Fouine ou encore Naza sur un titre festif (“Dosé”) qui vient de paraître. “Tu écoutes ton projet, tu vois ce qu’il te manque: là, j’ai besoin d’un son un peu plus afro, hop j’appelle Naza”, illustre KLN, mentionnant aussi le plaisir de poser avec des artistes “qu’on écoutait beaucoup quand on était petits.”
Quand le trio ne s’entend pas sur une direction à prendre, la majorité prime. “C’est comme quand t’as une copine, il faut s’adapter, quand t’as des amis il faut s’adapter”, poursuit le plus volubile du groupe.
En plus de se connaître par cœur, ces trois-là sont réputés pour être “bosseurs”, selon Dany Synthé, compositeur derrière plusieurs titres du groupe, mais aussi ceux d’autres artistes comme Orelsan, Booba et Louane. “Ils font partie des plus humbles avec qui j’ai travaillé, parce qu’ils ne se reposent pas sur leurs lauriers”.
IDS est “plus rap dur, trap”, KLN est “plus mélodie, R’n’B” et D2 “un peu plus festif”, donc “ça crée un cocktail détonnant”, complète-t-il.
Le groupe travaille aussi en famille. Le management est assuré par un frère d’IDS, la production est réalisée par 172 Records, label piloté par des oncles de KNL, rejoint depuis 2020 par O-vnee Music, la structure de Dany Synthé, lui-même cousin éloigné de KLN.
“On garde toujours les pieds sur terre“
Le succès a parfois dépassé L2B. En octobre, en plein préparatifs de sa tournée, il est programmé aux Halles, à Paris. Mais le concert, gratuit, est annulé par la préfecture de police face à une affluence démesurée. La frustration du public dégénère en débordements et affrontements avec les forces de l’ordre. “Ce n’était pas vraiment volontaire que ça parte en live comme ça, on ne s’y attendait pas”, glisse D2, “choqué” de la tournure des évènements.
Cette année, L2B vise une autre dimension: deux soirs à l’Accor Arena les 26 et 27 mars, soit leurs plus gros concerts jusqu’alors, une étape-clé qu’ils veulent peaufiner.
“Il y a encore du charbon, il y a encore de la route, lance D2. On ne sait pas de quoi est fait demain, donc on garde toujours les pieds sur terre.”

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