Santé | | 06/02
Réagir Par

Fondation Vallée de Gentilly sur la sellette : la CGT vient soutenir les soignants de l’hôpital pédo-psychiatrique

Fondation Vallée de Gentilly sur la sellette : la CGT vient soutenir les soignants de l’hôpital pédo-psychiatrique

Soignants, élus et représentants syndicaux se sont rassemblés ce jeudi devant la Fondation Vallée de Gentilly, à l’appel de la CGT, pour exprimer leur “indignation” concernant les soupçons de maltraitances récemment exprimés dans cet hôpital pédopsychiatrique, estimant qu’ils ne reflètent pas “la réalité du terrain” et dénonçant en revanche une dégradation des conditions de travail.

En novembre, l’Agence régionale de santé (ARS) a émis une décision de non-certification de l’établissement, rattaché à l’hôpital Paul Guiraud, l’invitant à “respecter la dignité et l’intimité des patients” et “limiter le recours à des mesures de restriction de liberté”. Le mois suivant, elle a lancé une “mission d’inspection inopinée”, dont les conclusions n’ont pas encore été rendues.

Depuis, une enquête publiée le 25 janvier dans l’hebdomadaire L’Express mis le feu aux poudres, en décrivant des enfermements d’enfants et des prises en charge non conformes aux bonnes pratiques, concernant notamment les jeunes patients atteints de troubles du neuro-développement.

Suite à cet article, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a demandé lundi à la Contrôleuse des libertés Dominique Simonnot de se pencher sur d’éventuelles atteintes aux droits fondamentaux des patients et d’envisager un contrôle.

Une séquence que dénoncent au contraire la Commission Nationale de Psychiatrie de la Fédération CGT Santé Action Sociale (CNP CGT) et l’Union Syndicale Départementale CGT de la Santé et de l’Action Sociale du Val de Marne (USD 94) qui appelaient ce jeudi matin à un rassemblement de soutien aux soignants. “Il s’agit encore et toujours d’attaquer le travail clinique issu de la psychanalyse, de
la psychothérapie institutionnelle, de la psychiatrie humaine et vivante, où le sujet, quelque soit
son âge, est un sujet à part entière”,
dénonce le syndicat dans un communiqué.

“Les professionnels de l’établissement ont été profondément choqués et meurtris par ces propos qui ne correspondent en rien à la réalité du terrain et des pratiques”, regrette Estelle Habigand, secrétaire CGT de la Fondation

Prescription médicale

Concernant les mesures d’isolement au sein de la Fondation Vallée, Estelle Habigand indique qu’elle étaient encadrées par “une prescription médicale”. Elles visent “à empêcher qu’un enfant, en crise aiguë, ne se blesse ou ne blesse d’autres enfants et à éviter le recours à une contention chimique ou le corps à corps avec les soignants.”

“L’ensemble du personnel soignant de la Fondation Vallée est attentif aux interpellations du contrôleur des lieux de privation de liberté qui visent à améliorer les pratiques d’établissement, est soucieux du respect de l’intimité et de la dignité de chaque patient, ainsi que de l’élaboration d’un projet de soin personnalisé. Les équipes échangent chaque semaine avec les parents des patients hospitalisés. Si malgré ce travail de lien, des différents persistent, toute famille a la possibilité d’adresser une réclamation à la direction, qui est transmise également aux Représentants des Usagers (RU) et les réclamations font l’objet d’une analyse pour donner lieu à des mesures d’amélioration. A la Fondation Vallée aucune plainte s’approchant des faits relatés dans l’article de l’Express n’ont été transmis aux RU”, ajoute la CGT.

Conditions de travail

La CGT dénonce en revanche une “dégradation des conditions de travail” et une “offre de soins considérablement réduite” depuis la mise en place, début 2025, d’une fusion avec l’hôpital Paul Guiraud, spécialisé en psychiatrie de l’adulte. La déléguée syndicale dénonce aussi le gel depuis septembre des admissions pour les hospitalisations de jour et de semaine. “Nous rappelons ici le mouvement de grève des agents de la Fondation Vallée qui a reçu le soutien des élus locaux et a duré quinze jours en mars 2025”, ajoute le syndicat dans son communiqué.

Présent au rassemblement, le maire NFP de Gentilly Fatah Aggoune, a indiqué avoir écrit à la direction de l’Agence régionale de santé (ARS) pour exiger des éléments de réponse sur la décision de non-certification.

Abonnez-vous pour pouvoir télécharger l'article au format PDF. Déjà abonné ? Cliquez ici.
Aucun commentaire

    N'envoyez que des photos que vous avez prises vous-même, ou libres de tout droit. Les photos sont publiées sous votre responsabilité.

    Ajouter une photo
    Ajouter une photo

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Vous chargez l'article suivant