Comment l’association de dialyse Aura Paris, qui soigne 1 200 malades en Ile-de-France, a-t-elle pu se retrouver en redressement judiciaire ? Et que vont devenir les patients ? Ce lundi matin, les salariés ont donné de la voix devant le siège de l’association, à Ivry-sur-Seine.
“Ohé ohé le conseil d’administration, c’est terminé, place à la clarté”; “la dialyse mérite stabilité et sécurité avec une bonne gouvernance”, pouvait-on lire ce lundi matin sur les banderoles portées par une centaine de salariés devant le siège de l’association à Ivry-sur-Seine. La CGT avait appelé à la grève et au rassemblement alors que l’association, qui compte 500 salariés, est en redressement judiciaire depuis janvier. Pour les collaborateurs, il y a eu une “gestion financière irresponsable”.
“L’ancienne direction générale a fait des achats immobiliers inexplicables”, précipitant le dépôt de bilan de l’association, estime Frédéric Brizé, délégué syndical CGT. “Notre grande crainte, c’est d’être cédé à un acteur à but lucratif“, qui ne fera plus certaines activités jugées peu rentables comme la dialyse de nuit ou la dialyse à domicile, s’inquiète le délégué syndical.
Pour Frédéric Brizé, il faut que les administrateurs judiciaires prennent en main la gestion de l’association pour rétablir ses comptes, les salariés n’ayant confiance ni dans le conseil d’administration, ni dans la direction générale en poste depuis quelques semaines, après le départ de la précédente direction elle-même restée moins d’un mois.
Plus de 13% des dialysées d’Ile-de-France suivis par Aura Paris
L’association de malades du rein Renaloo a également fait part de son inquiétude sur le sort d’Aura Paris, qui suit 1 200 des 8 900 dialysés d’Ile-de-France, selon ses chiffres. La France compte environ 57 000 patients sous dialyse.
“Nous demandons que toute la lumière soit faite sur la situation de défaillance majeure dans laquelle se trouve l’Aura Paris: sur ses causes, sur les décisions de gestion qui y ont conduit, et sur les responsabilités qui devront, le cas échéant, être pleinement établies”, réclame ainsi l’association dans une lettre ouverte publiée la semaine dernière.
“On a du mal à comprendre comment une structure associative financée par des fonds publics a pu se permettre d’accumuler autant de réserves financières, et comment elle a pu les dépenser dans des investissements immobiliers hasardeux”, appuie Bruno Lamothe, en charge du plaidoyer chez Renaloo.

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