Au menu de notre Santé en Val-de-Marne #40, on évoque le métier d’infirmière, avec Farida Mezaguer, récemment décorée de l’Ordre du mérite, médaille qu’elle vit comme une reconnaissance de sa profession. A l’hôpital Bégin de Saint-Mandé aussi, une équipe a été primée aujourd’hui par les Gueules cassées, pour son traitement du stress post-traumatique. Alors que l’IA est partout, on jette également un coup à Villejuif où le centre Gustave Roussy a fait un point d’étape, et c’est impressionnant. Certains projets nous propulsent dans la science-fiction…
Reconnaissance
Ordre du mérite pour une infirmière libérale du Val-de-Marne : “une reconnaissance pour toute la profession”
En décembre 2025, Farida Mezaguer, infirmière libérale depuis 20 ans à Limeil-Brévannes puis Sucy-en-Brie, et professionnelle depuis 30 ans, a été faite chevalière de l’Ordre national du mérite. Une récompense qu’elle a particulièrement savourée, au-delà sa personne, comme une reconnaissance de sa profession. Elle témoigne de sa passion.
Très tôt, Farida Mezaguer a eu envie d’être puéricultrice. Lorsqu’elle entame ses études à l’Institut de formation en soins infirmiers (IFSI) de Villeneuve-Saint-Georges, en 1992, elle multiplie les stages dans des services spécialisés : pôle mère-enfant, psychiatrie, maternité, crèche… Elle étudie aussi à la pouponnière du Foyer départemental de l’enfance de Sucy-en-Brie. Puis elle travaille au Centre hospitalier intercommunal de Créteil (Chic), à la maternité Paul d’Egine de Champigny-sur-Marne. Un temps directrice de crèche, elle réalise que cela l’éloigne trop du soin en direct, que c’est un métier de manager. Elle passe alors à l’hospitalisation à domicile à la Croix Saint-Simon de Montreuil, où elle suit essentiellement des enfants soignés pour un cancer au Chic. “J’ai vu beaucoup de décès en deux ans”, se souvient-elle. Pour changer, elle teste le métier d’infirmière libérale. “Ça m’a tout de suite plu. Je me suis dit que je pouvais créer ma patientèle.” Ainsi démarre-t-elle son cabinet tout en faisant de l’intérim chez Sanofi et au Palais Omnisport de Paris-Bercy (POPB). “J’adorais l’ambiance de l’équipe à Bercy, et puis on côtoyait de tout, des gens du public, des stars…” se remémore l’infirmière.
Un maillon de la santé de proximité

Progressivement, la patientèle. grossit. Farida Mezaguer ouvre son cabinet à Limeil-Brévannes, d’abord seule, puis rejointe par une camarade de promotion et sa propre sœur. Depuis octobre, le cabinet a déménagé à Sucy-en-Brie, mais elle continue de couvrir aussi le secteur. Un métier passion nourri du lien tissé avec les patients. “Il nous arrive régulièrement qu’une famille nous appelle. Par exemple, leur fille est tombée. On m’envoie une photo ou une vidéo où on passe carrément au cabinet. Si c’est superficiel, on peut faire un pansement, sinon on envoie aux urgences.” Un métier qui la fait collaborer aussi avec les médecins, pharmaciens, paramédicaux. L’infirmière envoie, par exemple, des diabétiques vers des podologues. Dans d’autres cas, c’est un infirmier en pratique avancée (IPA) qui lui envoie des patients en pédiatrie pour mettre en place l’hospitalisation à domicile. Enthousiaste, Farida Mezaguer, qui se vit comme un maillon de la santé de proximité, a obtenu fin 2025 la pleine reconnaissance de ce rôle, à sa grande surprise.
Faire vacciner ceux qui sont en première ligne
Pendant le confinement et au début de la vaccination, elle a, en effet, pris des initiatives pour aider à faire vacciner ceux qui étaient en première ligne, comme les enseignants, qui n’étaient pas prioritaires, travaillant bénévolement à les identifier et organiser leur vaccination, en lien avec des villes. Pour sa fille, donner du temps sans compter devait au moins être reconnu. En toute discrétion, elle a ainsi monté un dossier, avec sa tante, également infirmière au cabinet. “En mai 2025, j’ai reçu un coup de fil d’une journaliste d’un média spécialisé sur les infirmières. qui m’annonçait la médaille de l’ordre national du mérite. Je ne savais même pas ce que c’était ! Pour moi, la seule médaille qui existait était la lésion d’honneur, se souvient Farida Mezaguer. J’ai tapé mon nom et mon prénom, et les ai vus sur Légifrance. J’ai appelé ma sœur qui a éclaté de rire car elle était dans la confidence depuis le début !”

“C’est une reconnaissance qui va au-delà de ma personne“
“Cette médaille me rend très fière. En tant que professionnelle de santé, c’est une reconnaissance qui va au-delà de ma personne, c’est d’abord une reconnaissance pour notre cabinet, qui compte trois infirmières, mais aussi pour toute la profession”, témoigne la quinquagénaire, qui estime que tous ceux qui étaient en première ligne méritent cette médaille.
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Vaccination contre le HPV
un remboursement élargi jusqu’à 26 ans

Pris en charge jusqu’à 19 ans auparavant, le vaccin est désormais remboursé par l’Assurance Maladie à hauteur de 65 % jusqu’à 26 ans révolus pour les adolescents et jeunes adultes n’ayant pas été vaccinés entre 11 et 14 ans. Une avancée pour mieux prévenir certains cancers.
En savoir plus
Saint-Mandé : une expérimentation pour soigner plus vite le stress post-traumatique récompensée à l’hôpital Bégin
Identifier plus rapidement le bon traitement contre le trouble de stress post-traumatique (TSPT), telle est l’ambition du projet Psygen en cours au sein du Service de santé des armées de l’hôpital militaire Bégin. Soutenu par la Fondation des gueules cassées, ce programme cherche à optimiser la prise en charge des blessures psychiques, fréquentes chez les militaires exposés à des situations de guerre ou de violence extrême.
Il faut en effet souvent plusieurs semaines pour ajuster les dosages des antidépresseurs, avec parfois des effets secondaires comme de la fatigue, des troubles digestifs ou sexuels, ou encore de la prise de poids, qui peuvent altérer leur qualité de vie et freiner l’engagement du patient dans le parcours de soin.
C’est dans ce contexte que l’équipe du docteur Emeric Saguin a expérimenté la pharmacogénétique. Concrètement, cela consiste à croiser les données génétiques et cliniques de chaque patient pour anticiper leur réponse à un médicament donné. L’objectif :“orienter plus finement la prescription dès la première intention” pour soulager plus rapidement les personnes atteintes, explique la Fondation des gueules cassées qui soutient le projet. La fondation a été créée en 2021 par l’Union des Blessés de la Face et de la Tête (UBFT) dîte “Les Gueules Cassées” créée 100 ans plus tôt par trois grands blessés de la face pour aider leurs camarades défigurés et abandonnés sans ressources.
Pour l’heure, l’étude clinique au sein des armées a livré “des résultats intermédiaires prometteurs” mais les résultats définitifs sont attendus en mars. En attendant, la Fondation des gueules cassées remettra ce jeudi 22 janvier son prix 2025 au docteur Emeric Saguin et son équipe, par le général Luc Beaussant et le professeur Olivier Langeron.
IA et santé
Villejuif : intelligence artificielle à tous les étages au centre Gustave Roussy

On parle beaucoup des attendus de l’IA en santé mais concrètement, où en est-on ? En cette mi-janvier, le centre anticancer Gustave Roussy de Villejuif a proposé un point d’étape dans ce domaine qui avance à une vitesse fulgurante. Entre les jumeaux numériques et les organoïdes, on se sent déjà en pleine science-fiction…
En matière de détection d’abord, l’hôpital travaille avec CentraleSupelec pour évaluer des lésions précancéreuses du sein et identifier celles qui ont un risque d’évolution agressive, afin d’éviter les traitements inutiles. Le centre recourt aussi à des logiciels d’IA pour assister les radiologues dans l’analyse des mammographies. “Grâce à un code couleur et à un score, il permet d’indiquer rapidement si une image semble normale ou si une zone mérite une attention particulière”, détaille le centre dans un épais dossier de presse.
Aide à la décision en prédisant les risques de rechute
En phase de traitement, le centre teste des outils pour prédire le risque de rechute à partir d’une lame numérisée. Ceci permet d’aider à décider de l’utilité d’une chimiothérapie. “À partir de mi-février, toutes les lames de pathologie servant à établir le diagnostic à Gustave Roussy seront scannées grâce à six scanners de lames”, indique Gustave Roussy. L’usage de l’IA pour les analyser doit permettre d’identifier des mutations ou de compter les cellules en division pour mesurer la gravité.
D’autres recherches encore, visent à prédire la réponse à l’immunothérapie grâce à des “signatures radionomiques”, qui sont des biomarqueurs d’IA décelés dans des images médicales (scanner, IRM).
Sur mesure grâce à des jumeaux numériques
Le centre a aussi créé une unité de recherche avec CentraleSupélec, l’Inserm et l’université Paris Saclay, pour développer des médicaments “sur mesure”. Une approche “cruciale pour répondre aux besoins des cancers rares, qui représentent 30 % des cancers, et pour cibler des résistances thérapeutiques liées à des mécanismes moléculaires peu courants”, défend l’hôpital. Concrètement, l“‘IA exploite la masse de données générées (par exemple par les jumeaux numériques*) pour concevoir des molécules inédites capables de cibler ces altérations spécifiques. Ces molécules personnalisées seront ensuite testées virtuellement, puis validées expérimentalement sur des modèles cellulaires dérivés du patient, tels que des organoïdes.” Le projet doit être testé sur une première cohorte de 10 patients.
* le jumeau numérique est “une réplique virtuelle évolutive de la tumeur et de l’organisme du patient”, qui croise des données comme le séquençage génomique, l’imagerie, la pathologie numérique, le système immunitaire, le métabolisme ou encore le microbiote pour simuler l’évolution de la maladie et “tester l’effet de milliers de stratégies thérapeutiques.”
Veille
La veille des essais thérapeutiques en cours, est désormais aussi assistée par IA. Concrètement, une appli analyse le profil médical du patient et suggère les essais cliniques pertinents et ouverts au recrutement.
Surveiller les effets secondaires
Un projet vise lui à anticiper les effets secondaires des traitements sur le long terme, lorsque les visites à l’hôpital s’espacent, en s’appuyant sur des objets connectés. Un autre cherche lui à estimer plus précisément la dose limite de radiothérapie pour les enfants.
Chatbot pour les patients
Côté patients, l’hôpital a mis en place un premier chatbot, Delia, basé sur Copilot, à l’attention des femmes touchées par un cancer du sein. Disponible en plusieurs langues, il répond aux “questions liées à la chirurgie et à la reconstruction mammaire, en s’appuyant sur une base de connaissances validée par les équipes médicales de Gustave Roussy.” Une interface de traduction instantanée facilite aussi les conversations entre soignants et patients étrangers.
La planification des RDV pour éviter les conflits d’agenda aussi est désormais assistée par IA, avec une solution développée par une entreprise québécoise.
Assistants IA pour les médecins
Les médecins aussi vont avoir leur IA du quotidien. Le centre développe en interne un assistant médical d’intelligence artificielle hébergé sur place, pour récupérer automatiquement les imageries, diagnostics, traitements et autres éléments et même “générer un résumé structuré du parcours patient”. Cet outil “représente un enjeu majeur”, insiste l’hôpital. “Au lieu de lire 50 pages, le médecin lit une synthèse fiable, augmentée par des liens directs vers les sources du dossier.” Le centre indique avoir développé ses propres modèles “pour éviter les hallucinations de l’IA et respecter les contraintes réglementaires liées au secret médical et au RGPD.”
D’autres outils, en cours de développement, visent à automatiser le remplissage de documents standardisés, nécessaires pour préparer les réunions.
Cadre éthique : 3 règles
Quel cadre éthique pour conduire ces projets ? L’hôpital répond par trois principes : “bâtir une infrastructure technique souveraine et sécurisée, garantir la primauté de la décision humaine face aux algorithmes, et encadrer ces nouvelles pratiques par des référentiels internationaux stricts.”
Concrètement, le centre organise son propre entrepôt de données, tracées et respectant le RGPD, et structure ces dernières pour qu’elles soient homogènes et nourrissent efficacement l’IA. L’enjeu est ensuite de développer son propre modèle en s’appuyant sur ses données.
Agenda santé en Val-de-Marne
Dry January : atelier autour de la consommation d’alcool
jeudi 29 janvier – Nogent-sur-Marne
Dans le cadre du « Dry January », un atelier gratuit est proposé par l’Association VISA 94 pour sensibiliser aux risques liés à l’alcool. Ouvert à tous, il comprend une démonstration de mocktails, un quiz interactif et un temps d’échange avec des professionnels. Objectif : informer, prévenir et encourager le dialogue autour des habitudes de consommation.
Maison des Associations, 2 rue Jean Monnet
jeudi 29 janvier 2026, de 14h à 16h30
Carrefour des Générosités de Vaincre la mucoviscidose
samedi 31 janvier et dimanche 1er février, Charenton-le-Pont
L’association Vaincre la Mucoviscidose organise son Carrefour des Générosités, un week-end de travail destiné à ses bénévoles engagés dans la collecte de fonds. Au programme : ateliers, conférences et animations pour préparer les actions de l’année 2026. Plus de 150 participants sont attendus. L’association recrute des bénévoles pour aider.
Vaccinations gratuites au Forum
Le deuxième lundi de chaque mois – Villeneuve-le-Roi
Des séances de vaccination gratuites, sans rendez-vous, sont organisées par la Croix-Rouge les deuxièmes lundis du mois au Forum. Ouvertes aux enfants dès 6 ans et aux adultes, elles concernent diverses maladies infectieuses (diphtérie, tétanos, hépatite, etc.).
Le Forum, 59 avenue du Docteur-Calmette
Chaque 2e lundi du mois, de 14h à 16h
Collectes de sang en janvier 2026
1700 dons du sang sont nécessaires chaque jour en Ile-de-France car la durée de vie des produits sanguins est limitée : 7 jours pour les plaquettes, 42 jours pour les globules rouges. Le don de sang est possible toutes les huit semaines, jusqu’à six fois par an pour les hommes et quatre fois par an pour les femmes.
| Date Collecte | Ville | Lieux | Adresse | Début Matin | Fin Matin | Début Après-midi | Fin Après-midi |
| 21/01/2026 | Créteil | UFR DE DROIT | SALLES A117 & A118 | 12:00 | 17:00 | ||
| 21/01/2026 | Sucy-en-Brie | ESPACE JEAN-MARIE POIRIER | 1 ESPLANADE DU 18 JUIN 1940 | 14:00 | 19:00 | ||
| 22/01/2026 | Créteil | 12:00 | 17:00 | ||||
| 23/01/2026 | Fresnes | SALLE POLYVALENTE HENRI THELLIER | 18 RUE AUGUSTE DAIX | 14:30 | 19:30 | ||
| 25/01/2026 | Marolles-en-Brie | ECOLE DE LA FORET | 2 AVENUE DES 40 ARPENTS | 09:00 | 13:30 | ||
| 25/01/2026 | Thiais | CENTRE DE LOISIRS LIONEL TERRAY | 39 AVENUE RENE PANHARD | 09:00 | 14:00 | ||
| 28/01/2026 | Ivry-sur-Seine | SALLE VOLTAIRE | PLACE VOLTAIRE | 14:30 | 19:30 | ||
| 30/01/2026 | Limeil-Brévannes | LA BOITE-A-CLOUS | RUE DES HERBAGES- DE- SEZE | 14:30 | 19:00 | ||
| 30/01/2026 | Orly | CENTRE SOCIAL ANDREE CHEDID | 4 TER AVENUE DE LA VICTOIRE | 15:00 | 19:30 | ||
| 30/01/2026 | Villecresnes | L’ORANGERIE | 40 RUE CERCAY | 14:00 | 19:00 |

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