Santé | Val-de-Marne | 05/02
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Santé en Val-de-Marne #41: quand les proches-aidants acquièrent un statut pro/garder le cap après le dry january

Santé en Val-de-Marne #41: quand les proches-aidants acquièrent un statut pro/garder le cap après le dry january © DW

Au menu de cette 41e chronique Santé en Val-de-Marne, une belle initiative, pionnière, pour aider les proches de personnes souffrant de troubles psychiques, avec d’autres proches-aidants. En ce début février, focus également sur une appli mobile qui permet de ne pas se relâcher complètement après le dry january. Et aussi : un appel aux soignants dans le cadre d’une enquête sur la contraception définitive, et le prolongement de la campagne vaccinale contre la grippe.

Santé mentale

Aidant d’un proche atteint de troubles psychiques : du soutien informel au vrai métier… Une expérimentation innovante en Val-de-Marne

Pascale Machelot, paire-aidante familiale professionnelle aux Hôpitaux Paris Est Val-de-Marne (extrait d’une vidéo de présentation du dispositif)

Lorsque l’on a un enfant ou parent atteint d’un trouble de santé mentale ou handicap, on est d’abord pris au dépourvu, désarçonné, et puis on s’informe comme on peut, devenant au fil des errances, des rencontres et des recherches compulsives, un pro de l’accompagnement, capable d’aider à son tour des proches soudainement concernés. Une entraide informelle mais précieuse, que des initiatives encore expérimentales tentent de prolonger en créant un vrai statut de “pair-aidant familial professionnel”, “paf pro” pour compléter les équipes de soignants professionnels.

L’idée a progressivement émergé en France, inspirée d’expériences québécoises. Aux Hôpitaux de Saint-Maurice (désormais intégrés dans le Groupement hospitalier de territoires des Hôpitaux Paris Est Val-de-Marne), le docteur Alain Cantero, en charge du 16ème secteur de psychiatrie générale du département (94G16), a créé dès 2020 un poste de pair-aidant famille pour accompagner les aidants de ses patients. L’objectif : rompre leur isolement, les écouter, faire bénéficier de sa propre expérience, faciliter leur accès aux ressources et leur communication avec les soignants, démystifier le jargon… En bref, l’enjeu est d’organiser et d’encadrer cet accompagnement informel pour que tous les nouveaux proches aidants qui en ont besoin puissent bénéficier de ce soutien.

La démarche, complémentaire des associations existantes, comme par exemple les Groupes d’Entraide Mutuelle (Gem), est encadrée et accompagnée. A l’instar des Médiateurs santé pair (MSP), première génération de pair aidants reposant sur les patients eux-mêmes, dont le statut existe depuis le début des années 2010 et qui sont près de 200 en France, les Paf Pro suivent une formation et sont encadrés par l’équipe soignante. “Il y a au moins un an de formation”, indique Sylviane Fior, coordinatrice du projet de développement de l’offre de Pair Aidant Famille Professionnel dans le Val de Marne. Un diplôme universitaire (DU) Pair aidance familiale en santé mentale et neuro-développement, a par exemple été mis en place depuis trois ans à Lyon.

En Val-de-Marne, les toutes premières expérimentations d’intégration de Paf Pro ont démarré aux Hôpitaux Paris Est Val-de-Marne (Saint-Maurice et Les murets) et à l’hôpital intercommunal de Créteil (Chic). Avec succès.

“Dire des choses qui ne seraient pas acceptées si elles étaient énoncées par des soignants”

Nous avons aussi vécu un certain nombre d’évènements comme (les proches aidants accompagnés Ndlr). Et nous pouvons aussi dire à l’entourage un certain nombre de choses qui ne pourraient pas être acceptées si elles étaient énoncées par des soignants. Nous avons une certaine légitimité à ce moment-là, expliquait ainsi Pascale Machelot, paire-aidante famille professionnelle aux Hôpitaux Paris Est Val-de-Marne, lors d’une réunion d’échanges autour des Paf pro en Val-de-Marne, fin 2025. Les familles ont aussi des ressources et renvoyer les démarches positives est de grande importance, car les familles arrivent avec une énorme culpabilité en se disant : – qu’est-ce qu’on a fait ? Pourquoi ? Pourquoi mon proche est là ? Qu’est-ce que j’aurais dû faire ? etc.” D’où l’importance de “mettre en mots, accueillir, leur montrer qu’ils ne sont pas seuls, pas forcément responsables.”

“Nous sommes sur un plan d’égalité d’expériences et de positions. (Les proches-aidants, Nldr) ont l’habitude de voir des professionnels de santé (comme les psychologues, les psychiatres) et de répondre à leurs questions. Je me présente justement comme n’étant pas « la sachante ». Nous avons tous une part de la réponse en nous. A trouble égal, je ne vais pas forcément vivre de la même manière en tant que mère que la mère qui est en face de moi. Il s’agit justement leur redonner un peu ce pouvoir et cette place : « vous maîtrisez aussi votre chemin qui dépend aussi de-vous de vos envies de vos capacités ». Je ne cherche pas à leur donner la solution, ce qui fait baisser un peu la pression et les rassure. Il s’agit aussi de pouvoir verbaliser des difficultés qui peuvent impacter toute la sphère familiale”, relatait aussi Jennifer Borsellino, paire-aidante famille professionnelle qui intervient à l’hôpital intercommunal de Créteil (Chic).

Cette médiation permet parfois de dénouer des situations de détresse, comme en a témoigné Pascale Machelot à propos de la mère d’une femme ayant un problème avec l’alcool, qui refusait d’être elle-même aidée, mais a réussi à lui faire confiance et à changer progressivement son comportement avec sa fille.

Déjà quatre paires-aidantes professionnelles en Val-de-Marne

Concrètement, ces aidantes devenues professionnelles peuvent intervenir en milieu hospitalier mais aussi dans des centres médico-psychologiques, surtout en entretien individuel mais parfois aussi dans le cadre de réunions de groupe. Elles partagent aussi leur expérience auprès de futurs soignants, en intervenant à l’université par exemple. “Toutes nos interventions groupales ont aussi un bénéfice pour l’institution et
peut-être plus largement pour la société. En lutte contre les représentations et autres stigmatisations,
auto-stigmatisations et sentiment de honte des familles, ce qui a un véritable effet de libération”,
insistait Marie de Boulay, paire-aidante familiale pro aux HPVEM, lors de la réunion de fin 2025.

Depuis cette semaine les Hôpitaux de Paris Est Val-de-Marne comptent une troisième Paf Pro qui intervient dans un centre pour adolescents à Vincennes, dans le service de Rémi Bailly.

Le défi : pérenniser l’expérimentation

Reste qu’il s’agit pour l’heure d’une expérimentation, rappelle Sylviane Fior. Un projet soutenu par la délégation Val-de-Marne de l’Agence régionale de santé (ARS). L’enjeu reste désormais de pérenniser et essaimer.

Lors de la réunion sur ce sujet avec les hôpitaux, l’ARS et le Conseil territorial de santé, le docteur Alain Cantero a même émis un souhait pour renforcer cette compétence localement : mettre en place une formation sur Paris, avec le professeur Antoine Pélissolo, chef du service psychiatrie du GHU Mondor), qui serait partie prenante pour l’université de Paris-Est Créteil (UPEC). Mais l’intérêt de cette formation est aussi d’avoir un débouché, c’est-à-dire que des personnes soient recrutées, a-t-il aussi pointé, appelant à une reconnaissance de ce nouveau métier.

Côté aidants, le besoin est là. Selon l’Union nationale des amis et familles de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam), il y a en France quelque 4,5 millions d’aidants de proches ayant un trouble psychique. Et beaucoup témoignent des répercussions sur leur propre santé.

Pour en savoir plus, voir la série de vidéos explicatives réalisées par Les Hôpitaux Paris Est Val-de-Marne

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Pratique

Oz, une appli mobile pour ne pas perdre le cap après le dry january

Alors que vient de s’achever le mois sans alcool, l’association CaPASSCité propose une application mobile, Option zéro (Oz), pour maîtriser sa consommation au-delà de janvier. Objectif : suivre sa consommation, se fixer des objectifs de réduction, recevoir des conseils et, lorsque l’on a un problème sérieux avec l’alcool, accéder à un professionnel de l’addictologie dans les 48 heures. L’application est gratuite et téléchargeable pour les Android comme les IPhones.

La campagne de vaccination contre la grippe prolongée d’un mois

Mi-janvier, la grippe restait à un niveau épidémique dans toute la métropole, relève Santé Publique France. Si les consultations diminuent chez les adultes, elles augmentent chez les enfants depuis la rentrée de janvier et l’agence craint une hausse des hospitalisations chez les adultes.

Les formes graves touchent surtout les plus âgés : “plus de la moitié” des admissions en réanimation concernent les 65 ans et plus. Surtout, “près des trois quarts” des cas graves connus n’étaient pas vaccinés, note la direction générale de la santé.

Alors que la couverture vaccinale atteignait 46,3 % parmi les personnes ciblées et 53,3 % chez les 65 ans et plus, la DGS estime ces niveaux insuffisants et a donc prolongé la campagne de vaccination jusqu’au 28 février.

Le vaccin de cette grippe saisonnière est-il efficace ? “Les premières estimations pour la saison 2025-2026 montrent une efficacité modérée mais réelle”, indique la DGS qui recommande aussi de maintenir les gestes barrière (masque, lavage de mains, aération des espaces clos)

Appel aux soignants

Contraception définitive : enquête auprès des professionnels de santé du Val-de-Marne

Quels sont les obstacles, les pratiques effectives et les représentations des professionnels de santé concernant la contraception définitive (vasectomie et occlusion tubaire) ? C’est l’objet de l’étude lancée dans le cadre de la Stratégie nationale de santé sexuelle 2021-2024 pilotée par la Fnors (fédération nationale des observatoires régionaux de santé) dans quatre territoires de France, dont le Val-de-Marne.

L’étude se concentre sur les médecins généralistes, gynécologues médicaux et obstétriciens, sages-femmes et urologues, professionnels dits de premier recours et ceux réalisant les actes de stérilisation.

Deux phases structurent cette enquête. La première, en cours du 19 janvier au 28 février 2026, repose sur un questionnaire en ligne. Elle vise à établir un état des lieux des pratiques des professionnels de santé en matière de contraception définitive, qu’ils soient ou non directement impliqués dans ces actes. La seconde phase, qualitative, consistera en des entretiens approfondis pour explorer les freins spécifiques et les perspectives d’évolution.

Plus d’infos et accès au questionnaire

Agenda santé en Val-de-Marne

Journée de sensibilisation au cancer
jeudi 5 février à Vincennes

Trois rendez-vous sont proposés pour informer et sensibiliser sur le cancer et ses dépistages. À 11h, un témoignage permettra d’aborder la maladie à travers une expérience vécue. À 15h, un médecin pompier interviendra sur les méthodes de dépistage. Enfin, à 19h, un oncologue de l’HIA Bégin complètera la journée avec un éclairage médical spécialisé.

Place du Maréchal Lyautey
jeudi 5 février 2026, de 11h à 12h, de 15h à 16h et de 19h à 20h

Vaccinations gratuites au Forum
Le deuxième lundi de chaque mois – Villeneuve-le-Roi

Des séances de vaccination gratuites, sans rendez-vous, sont organisées par la Croix-Rouge les deuxièmes lundis du mois au Forum. Ouvertes aux enfants dès 6 ans et aux adultes, elles concernent diverses maladies infectieuses (diphtérie, tétanos, hépatite, etc.).

Le Forum, 59 avenue du Docteur-Calmette
Chaque 2e lundi du mois, de 14h à 16h

Collectes de sang en février 2026

1700 dons du sang sont nécessaires chaque jour en Ile-de-France car la durée de vie des produits sanguins est limitée : 7 jours pour les plaquettes, 42 jours pour les globules rouges. Le don de sang est possible toutes les huit semaines, jusqu’à six fois par an pour les hommes et quatre fois par an pour les femmes.

Date CollecteVilleLieuxAdresseDébut MatinFin MatinDébut Après-midiFin Après-midi
06/02/2026ArcueilMAISON DE LA BIEVRE66 rue de la Division du Général Leclerc14:3019:30
08/02/2026Maisons-AlfortLA CROIX DES OUCHES33 AVENUE DE LA REPUBLIQUE09:0014:00
15/02/2026Bry-sur-MarneSALLE DE L’HÔTEL DE VILLEGRANDE RUE CHARLES DE GAULLE09:0014:00
16/02/2026Limeil-BrévannesLA BOITE-A-CLOUSRUE DES HERBAGES- DE- SEZE14:3019:00
16/02/2026VincennesSALLE ROBERT LOUIS98 RUE DE FONTENAY14:0019:00
17/02/2026VincennesSALLE ROBERT LOUIS98 RUE DE FONTENAY14:0019:00
18/02/2026AlfortvillePOC26 Rue Joseph Franceschi14:0019:00
20/02/2026Joinville-le-PontMAIRIE23 RUE DE PARIS14:3019:30
21/02/2026Nogent-sur-MarneECOLE VAL DE BEAUTE70 GRANDE RUE CHARLES DE GAULLE09:0013:30
25/02/2026Chevilly-LarueSALLE JOSEPHINE BAKER4, RUE DU STADE14:3019:30
27/02/2026Le Perreux-sur-MarneHÔTEL DE VILLEPLACE DE LA LIBERATION14:0019:00
28/02/2026Chennevières-sur-MarneESPACE MUNICIPAL JEAN MOULIN16 / 18 RUE DES FUSILLES DE CHATEAUBRIANT09:0014:00

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