Environnement | | 15/09
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A Charenton-le-Pont: une poubelle connectée pour les biodéchets

A Charenton-le-Pont: une poubelle connectée pour les biodéchets © Fb
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A trois ans de l’obligation de tri des biodéchets, le territoire Paris Est Marne et Bois a décidé d’expérimenter la mise à disposition d’un conteneur connecté d’une capacité de 240 litres dans le quartier de Bercy à Charenton-le-Pont. L’enjeu est d’encourager les riverains à se débarrasser de leurs déchets alimentaires et biodégradables dans des bornes d’apport volontaire pour réduire le volume des collectes d’ordures ménagères.

La commune avait déjà commencé à recueillir les biodéchets (rebuts alimentaires et biodégradables) en installant des bacs sur ses marchés le mercredi et samedi matin et propose également deux créneaux de collecte dans des bacs devant les écoles élémentaires Valmy et Desnos. Cette nouvelle étape permet de recueillir les biodéchets à toute heure.

“Il était important de proposer aux habitants un point pérenne dans l’espace public pour cette collecte. Il faut que nous poursuivions nos efforts de communication auprès de la population pour que le tri des biodéchets devienne un réflexe. Depuis que je le fais, je dois vider mes ordures ménagères moins souvent parce que le bac se remplit moins rapidement et qu’il ne dégage plus de fortes odeurs”, explique Hélène Magne, adjointe au maire de Charenton-le-Pont et vice-présidente du territoire en charge de l’environnement. Un bilan d’expérience sera réalisé après les premiers mois d’utilisation, et d’autres conteneurs pourraient être installés, à Charenton et ailleurs dans le territoire.

Un système connecté et verrouillé pour identifier et comptabiliser les utilisateurs

Ce conteneur est vendu par la société Upcycle, spécialiste du compostage électromécanique des déchets, qui s’était déjà fait connaître il y a quelques années en faisant pousser des pleurotes dans le marc de café. “Les habitants doivent s’inscrire sur notre application en indiquant leur adresse. Ils reçoivent en retour un code pour leur permettre de déverrouiller la porte du conteneur et pouvoir déposer leurs sacs de biodéchets. Cela permet d’optimiser la collecte puisque l’on dispose du nombre d’utilisateurs”, explique Arnaud Ulrich, le co-fondateur de l’entreprise.

C’est ensuite l’entreprise d’insertion Moulinot, qui récupérera le contenu du conteneur deux fois par semaines. Après les avoir transformé en digestat et/ou compost dans leur centre basé à Stains, ils fournissent des agriculteurs de Seine-et-Marne essentiellement pour la méthanisation, dans une moindre mesure comme intrant.

Le Syctom s’inquiète du coût du tri des biodéchets

Eric Cesari , président du du Syctom, syndicat intercommunal en charge de la gestion des déchets ménagers de 84 communes de l’agglomération parisienne, a profité de cette inauguration pour s’inquiéter de l’obligation de tri des biodéchets au 31 décembre 2023. “Il faut que l’État soit moins normateur et plus accompagnateur. Qu’il faille traiter ces déchets, d’accord, mais cela va nécessiter énormément d’investissements. Le coût de traitement d’un tonne de biodéchets est estimé à 380 euros la tonne, contre quelques dizaines d’euros pour les ordures ménagères résiduelles. Dans le même temps, les contribuables ont déjà vu la taxe sur l’enlèvement des ordures ménagères augmenter, cela va continuer plusieurs années. Il faudrait qu’au moins une part de cette taxe nous revienne”, plaide l’élu. “Cet argent qui nous est pris part jusqu’à présent dans le tonneau des Danaïdes de l’État. Il devrait être fléché sur la gestion et le traitement des déchets”, abonde Olivier Capitanio, président du territoire et du département, qui s’est dit prêt à mener la bataille. Pour rappel, l’évolution vers une obligation de tri des biodéchets a été instituée dans le cadre des lois du Grenelle de l’environnement (2010) et de transition énergétique pour la croissance verte (2015) ainsi que d’une directive européenne de 2018. Les biodéchets représentent en effet près d’un tiers des poubelles résiduelles et l’enjeu de leur tri à la source est d’éviter leur mise en décharge,  à l’origine d’émissions de gaz à effet de serre, au profit d’une valorisation organique via le compostage, l’épandage ou la méthanisation.

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