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Aéroport d’Orly : concilier cadre de vie et développement économique

Aéroport d’Orly : concilier cadre de vie et développement économique © Manifestation contre l'extension de l'aéroport en 2012
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Moteur économique du sud francilien avec pas moins de 30 000 salariés travaillant sur sa plate-forme, l’aéroport d’Orly est aussi le point de crispation de voisins survolés en permanence. Ce samedi 16 février, des associations de riverains et communes fédérées dans le réseau Drapo organisent une manifestation contre les nuisances aériennes à Orly Ouest. De son côté, le directeur de l’aéroport mise sur l’échange entre parties prenantes en doublant le nombre de Commissions consultatives de l’environnement et relançant les Rencontres d’Orly.

«Nous avons déjà rempli plusieurs cars», indique-t-on en mairie de Villeneuve-le-Roi, qui fait partie des membres actifs de l’association Drapo. Ablon-sur-Seine, Yerres, Brie-Comte-Robert, Quincy-sous-Sénart, Montgeron, Lésigny ont également affrété des cars pour permettre à leurs habitants de manifester leur ras-le-bol du bruit des avions. Le réseau Drapo, qui fédère une quarantaine de communes et une trentaine d’associations, dénonce «une augmentation des vols de nuit,  une augmentation des événements sonores très forts de nuit, un record historique de survols de gros porteurs cet été 2018» et exige un renforcement de la régulation et une augmentation du couvre-feu de nuit, actuellement de 23h30 à 6h. «Le niveau sonore moyen est passé de 66,4 à 67 décibels, cela ne fait que 0,3 de différence mais en décibels, c’est beaucoup plus important. Et encore, ce-sont des chiffres lissés.  Il y a aussi de nombreux pics, comme par exemple ce 24 janvier à 19h31 où un avion est passé au-dessus de la ville avec un impact de 104 décibels», détaille-t-on au cabinet du maire de Villeneuve-le-Roi.  Le réseau réclame également la limitation des gros porteurs, faisant valoir le différentiel de décibels et son survol plus bas, avec aussi deux fois plus de kérosène. Au-delà de ces réclamations, la manifestation se tient également dans le contexte législatif de la privatisation d’ADP, la société publique (car actuellement détenue majoritairement par l’Etat)  qui exploite notamment les aéroports parisiens. Votée à l’Assemblée nationale dans le cadre de la loi Pacte, elle a été retoquée par le Sénat mais devrait être remise en selle puisque l’Assemblée a le dernier mot dans le vote des lois.

«Les retombées économiques de l’aéroport profitent à tous. Pour être compétitifs et accueillir par exemple des entreprises internationales suite au Brexit, nous avons besoin de transports rapides», rappelle de son côté le directeur de l’aéroport d’Orly, Régis Lacote. Sur la demande d’allongement du couvre-feu, celui-ci indique que ce type de modification doit être étudié en prenant en compte toutes les conséquences opérationnelles possibles pour les compagnies aériennes. «Concernant les gros porteurs, il faut savoir que les compagnies low-cost investissement massivement sur les appareils de dernière génération pour optimiser le carburant qui peut représenter jusqu’à 40% des coûts. Cette modernisation de la flotte contribue à limiter les bruits. Sur ce sujet, j’ai pris l’engagement auprès des élus et parties prenantes de faire des bilans réguliers de l’amélioration de la flotte des compagnies qui opèrent à Orly, en faisant un point à chaque CCE (Commission consultative de l’environnement) et en passant de une à deux CCE par an», indique le directeur.

Le patron de l’aéroport d’Orly rappelle par ailleurs que le plafonnement des décollages et atterrissages et la durée du couvre-feu relèvent du domaine réglementaire et de l’Etat, et ne seront donc pas impactés en cas de privatisation. «De notre côté, nous avons pris des engagements volontaires forts dans le cadre des assises du transport aérien lancées au printemps dernier et avons par exemple écrit noir sur blanc que la réglementation actuelle de Paris Orly permet un développement durable du système aéroportuaire  francilien. Nous sommes un acteur responsable, nous investissons pour réduire l’empreinte carbone du site en travaillant par exemple à la fourniture systématique d’électricité aux avions sur place, en recourant à la géothermie pour chauffer l’aéroport, en investissant dans des véhicules propres», détaille Régis Lacote.

 

 

Les Rencontres d’Orly : un espace pour renforcer le dialogue

Pour relancer le dialogue entre les différentes parties prenantes, Aéroports de Paris et les départements de l’Essonne et du Val-de-Marne ont aussi prévu de relancer les Rencontres d’Orly, un temps d’échange entre les différents acteurs, dès le mois de mars 2019, où seront à l’ordre du jour des thématiques comme l’environnement, l’accessibilité, la mobilité et le développement économique.

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